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CBD et interactions médicamenteuses

CBD et recherches sur les intéractions médicamenteuses

Le CBD peut-il interférer avec la prise de médicaments?

Le CBD (cannabidiol) est l’un des nombreux phytocannabinoïdes présents dans la plante de cannabis. Contrairement au fameux THC (tétrahydrocannabinol), le CBD ne possède aucun effet psychoactif et sa consommation n’entraîne aucune accoutumance. C’est justement ce caractère inoffensif qui l’a propulsé au-devant de la scène !

Ces dernières décennies, l’intérêt de la communauté scientifique et du grand public pour le CBD a augmenté de manière exponentielle. En 2017, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en s’appuyant sur les résultats des nombreuses études réalisées, a reconnu officiellement ce cannabinoïde comme une alternative efficace dans la prise en charge de certains types de douleurs, de stress, d’anxiété, de troubles du sommeil, de perte d’appétit…

Cependant, bien qu’il soit d’origine naturelle et qu'il présente de nombreux bienfaits pour la santé, le CBD reste un principe actif. Il possède donc, comme tout autre principe actif, des indications, d’éventuels effets secondaires, des contre-indications et de possibles interactions médicamenteuses.

Dans cet article, nous allons nous pencher sur les contre-indications et les interactions médicamenteuses du CBD.

Quelles sont les contre-indications du CBD ?

Le CBD est une substance naturelle non toxique, non dangereuse et non psychoactive issue de la plante du cannabis. Néanmoins, comme toute autre substance active, ce cannabinoïde peut déclencher des réactions néfastes, des phénomènes d’intolérance ou des effets indésirables chez certains consommateurs.

Les doses à partir desquelles le CBD apporte plus d’effets indésirables que de bénéfices ne sont pas encore clairement déterminées, car elles dépendent de nombreuses variables (corpulence, âge, état physiologique…).

Parfois, la seule prise de CBD (même à faible dose) peut entraîner des effets secondaires tels que des diarrhées, une hypotension artérielle, de la fatigue, des somnolences… Ces effets sont généralement peu pris en compte par les personnes suivant un traitement à base de CBD, soit parce que les bienfaits de ce dernier « leur font oublier » ses quelques désagréments, soit parce que les effets secondaires des traitements qu’il a remplacés étaient nettement plus lourds.

Quoi qu’il en soit, l’utilisation du CBD est contre-indiquée chez les personnes souffrant de :

Pathologies artérielles

La consommation de CBD, surtout à doses élevées, aurait des effets hypotenseurs (abaisse la pression artérielle). Cela peut se traduire cliniquement par des vertiges et des pertes de connaissances (avec risque de chute et de traumatisme).

Si vous avez tendance à faire des hypotensions, ou si vous souffrez d’une quelconque pathologie cardiovasculaire, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant ou autre professionnel de santé avant toute prise de CBD.

Pathologies cardiaques

Des effets néfastes sur le système cardiovasculaire ont été rapportés chez certains consommateurs de CBD (généralement en cas de surdosage).

De plus, le CBD perturbe l’action de nombreux médicaments utilisés en cardiologie, notamment les antiarythmiques, les anticoagulants et les bêtabloquants.

Les personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires (telles que l’insuffisance cardiaque, l’hypertension artérielle, les valvulopathies cardiaques…) devraient donc, par mesure de sécurité, éviter la consommation de ce cannabinoïde sans encadrement médical.

Pathologies respiratoires

Le CBD représente un espoir thérapeutique dans la prise en charge de certaines pathologies respiratoires telles que l’asthme, notamment grâce à ses propriétés anti-inflammatoires.

Toutefois, il est à préciser que la consommation excessive et à long terme de CBD par voie inhalée (e-liquides à base de CBD à inhaler par vapotage) pourrait provoquer des effets néfastes sur l’appareil respiratoire tels que la formation de bulles d’emphysèmes, l’augmentation du risque de développer une pneumopathie infectieuse (particulièrement chez les personnes immunodéprimées) et la bronchite chronique.

Ces effets néfastes sont surtout observés chez les personnes fumant du CBD mélangé à du tabac (fumeurs mixtes).

Insuffisance rénale sévère

La consommation du CBD ne possède pas d’effets indésirables sur le fonctionnement des reins d’individus sains. Elle semble même améliorer certains symptômes des personnes souffrant d’insuffisance rénale légère ou modérée (les études sont toujours en cours pour faire le point sur cet effet bénéfique sur les reins).

En revanche, quelques cas d’insuffisance rénale aiguë ont été rapportés chez des personnes ayant consommé des cannabinoïdes de synthèse.

Par précaution, il est déconseillé aux personnes souffrant d’insuffisance rénale sévère (aiguë ou chronique terminale) ou autre pathologie rénale de consommer du CBD sans l’accord préalable du médecin traitant.

Maladie de Parkinson

Des études ont observée une atténuation des symptômes liés à la maladie de Parkinson grâce à un protocole thérapeutique à base de CBD.

Selon ces études, le cannabidiol aurait un effet protecteur vis-à-vis des neurones (il ralentit leur destruction et favorise leur renouvellement), ce qui améliore les performances cognitives et motrices chez les personnes souffrant de la maladie de Parkinson (ainsi que d’autres maladies neurodégénératives vraisemblablement).

En revanche, on a noté une aggravation des tremblements chez certains parkinsoniens ayant reçu des doses élevées de CBD. C’est pourquoi il est indispensable d’informer son médecin traitant avant d’entamer un traitement à base de CBD.

Autres contre-indications

Par ailleurs, les professionnels de santé et les spécialistes du CBD déconseillent l’utilisation de ce cannabinoïde chez les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que chez les enfants (individus âgés de moins de 18 ans).

Cela ne signifie pas que le CBD est une substance intrinsèquement dangereuse, c’est juste que les essais cliniques ne sont que très rarement réalisés sur ces catégories de personnes pour des considérations d’ordre éthique

NB : c’est aussi pour cette raison que de nombreux médicaments sont déconseillés chez les femmes enceintes ou allaitantes : l’absence de preuve d’innocuité pour la femme et le fœtus.

Possibles interactions du CBD avec certaines classes de médicaments

CBD : contre-indications et interactions médicamenteuses

Les personnes qui font appel aux produits à base de CBD sont généralement porteuses d’une ou plusieurs pathologies dont elles espèrent se débarrasser, ou du moins en atténuer les symptômes.

Ces personnes sont aussi, dans la majorité des cas, sous traitement. Elles prennent parfois plusieurs médicaments liés à leurs pathologies. Par conséquent, des interactions peuvent se produire entre les composants de ces médicaments (surtout les principes actifs) et le CBD.

Généralement, les interactions médicamenteuses avec le CBD sont mineures et s’observent pour des doses bien plus élevées que celles recommandées par les laboratoires.

En effet, les doses de CBD pour lesquelles les études ont observé une interaction significative avec différents médicaments étaient entre 200 et 300 mg par jour, alors que la dose moyenne consommée par les utilisateurs de CBD est généralement comprise entre 20 et 60 mg par jour.

Comment le CBD peut-il interagir avec d’autres médicaments ?

Les interactions médicamenteuses avec le CBD sont principalement liées au processus de métabolisation des médicaments au niveau du foie, particulièrement les réactions biochimiques impliquant les cytochromes P450 ou « CYP » (un système enzymatique hépatique complexe qui intervient dans le métabolisme d’un grand nombre de médicaments lors de leur passage par le foie).

Ainsi, le CBD serait capable de modifier l’activité des enzymes du cytochrome P450 soit en l’augmentant, soit en l’inhibant. Cela peut avoir différentes conséquences sur la cinétique du médicament concerné :

Si le passage hépatique du médicament permet de libérer des métabolites actifs (molécules ayant un effet pharmacologique) :

  • L’augmentation de l’activité du CYP par le CBD va entraîner une libération accélérée de ce métabolite actif, donc un surdosage (apparition d’éventuels effets secondaires ou toxiques).
  • La diminution de l’activité du CYP par le CBD va ralentir la libération de ce métabolite actif, donc un sous-dosage (diminution de l’efficacité du médicament).

Si le passage hépatique du médicament le dégrade ou libère des métabolites inactifs (qui n’ont pas d’effet pharmacologique) :

  • Une augmentation de l’activité du CYP par le CBD va entraîner une diminution de la biodisponibilité du médicament—donc diminution de son effet pharmacologique (le médicament est vite dégradé).
  • Une diminution de l’activité du CYP va, au contraire, ralentir la dégradation du médicament et augmenter sa biodisponibilité—donc augmentation de son effet pharmacologique et de sa durée d’action.

Avec quels médicaments le CBD peut-il avoir des interactions problématiques ?

D’après une étude américaine publiée en 2020 intitulée « Delta-9-tetrahydrocannabinol et Cannabidiol, interactions médicaments", les deux principaux phytocannabinoïdes de la plante du chanvre (THC et CBD) seraient capables de perturber l’action d’au moins 57 médicaments couramment utilisés.

Voici quelques-unes des classes médicamenteuses concernées :

Interaction du CBD avec les anti-hyperglycémiques

Les anti-hyperglycémiques sont des substances médicamenteuses utilisées principalement chez les personnes diabétiques dans le but d’équilibrer leur glycémie (empêcher qu’il y ait trop de sucre dans le sang).

Le CBD semble diminuer l’effet de certains médicaments anti-hyperglycémiques tels que la metformine. Les personnes souffrant de diabète et prenant ce médicament devraient donc faire attention en cas de consommation de CBD (encadrement médical, contrôles répétés de la glycémie…).

Interaction du CBD avec les anticoagulants

Les anticoagulants sont des médicaments qui fluidifient le sang afin de réduire le risque de formation de caillots (prévention des accidents thromboemboliques tels que l’AVC, l’embolie pulmonaire, la crise cardiaque…).

D’après une étude sud-africaine réalisée en 2007 intitulée "Les effets anticoagulant d'un extrait de cannabis sur un modelè de rats obèses", le CBD aurait tendance à augmenter l’effet anticoagulant de la warfarine (un principe actif anticoagulant).

Cette interaction entre le CBD et la warfarine peut avoir des conséquences redoutables telles que des hémorragies internes difficilement contrôlables, car le sang sera trop dilué et peu coagulable.

Si vous prenez de la warfarine, ou tout autre anticoagulant, parlez-en à votre médecin traitant avant toute prise de CBD !

Interaction du CBD avec les bêtabloquants

Les bêtabloquants sont des médicaments qui ont pour principal effet la diminution de la fréquence cardiaque. Ils sont largement utilisés dans de nombreuses pathologies cardiovasculaires, notamment l’infarctus du myocarde (crise cardiaque) et l’hypertension artérielle.

Le CBD peut avoir une interaction médicamenteuse avec les bêtabloquants, car il possède lui aussi un effet hypotenseur. C’est pourquoi il est indispensable d’être encadré par son cardiologue pour éviter tout danger (espacer la prise des deux traitements, ajuster les doses, surveillance médicale plus rapprochée…).

Interaction du CBD avec les corticoïdes

Les corticoïdes sont des substances ayant de puissantes propriétés anti-inflammatoires et immunosuppressives. De nombreux médicaments à base de corticoïdes sont utilisés dans la prise en charge de milliers de pathologies, notamment les maladies auto-immunes, inflammatoires chroniques et rhumatismales, les allergies, l’asthme…

D’après une étude publiée en 2019 intitulé "le cannabidiol pourrait interagir avec des médicaments rhumatologiques", le CBD inhiberait l’activité de certaines enzymes du cytochrome P450. Il en résulte un ralentissement de la dégradation des corticoïdes au niveau du foie et l’apparition d’effets indésirables.

Prudence donc pour les personnes suivant un traitement à base de corticoïdes désireuses de consommer du CBD ! Toujours se référer à son médecin traitant.

CBD alternative au médicament

Interaction du CBD avec les hormones thyroïdiennes

Le traitement de l’hypothyroïdie (insuffisance de sécrétion d’hormones thyroïdiennes par la glande thyroïde) fait généralement appel à des médicaments à base d’hormones thyroïdiennes de synthèse tels que la lévothyroxine.

De nombreuses personnes souffrant d’hypothyroïdie et suivant un traitement à base de lévothyroxine ont rapporté des effets secondaires sévères suite à la consommation de CBD. Ce dernier aurait donc une influence significative sur l’action de ce médicament.

Interaction du CBD avec les anticonvulsivants

Le CBD est porteur d’un grand espoir dans la prise en charge de certaines formes d’épilepsie, particulièrement chez les enfants. Un médicament à base de CBD, nommé « Epilodex », a même été reconnu officiellement (par la haute autorité de santé) comme alternative thérapeutique dans le traitement du syndrome de Dravet et de Lennox-Gastaut (formes sévères d’épilepsie touchant les enfants).

Néanmoins, il existe des interactions entre le CBD à forte dose (300 mg par jour) et certains anticonvulsivants tels que le Clonazépam pouvant provoquer des effets secondaires sévères, notamment un puissant effet sédatif et une asthénie profonde (fatigue intense).

L’utilisation simultanée du CBD et de médicaments anticonvulsivants n’est pas pour autant formellement interdite. Elle doit juste être bien encadrée par des professionnels de santé.

Interaction du CBD avec les antihistaminiques

Les antihistaminiques sont des médicaments utilisés dans la prise en charge de diverses affections telles que les réactions allergiques, certains états grippaux et certaines insomnies (effet sédatif).

Certains antihistaminiques, en l’occurrence la doxylamine (Humex), ont provoqué des effets secondaires (confusion, troubles respiratoires, troubles cognitifs et moteurs…) chez certaines personnes suite à la consommation de CBD.

Interaction du CBD avec les antalgiques

Les antalgiques sont des médicaments destinés à soulager la douleur. Ils sont classés par palier selon la puissance de leur effet antidouleur.

Les antidouleurs les plus puissants du marché sont les opioïdes forts dont les représentants sont la morphine et ses dérivés tels que le fentanyl (qui est 100 fois plus puissant que la morphine).

D’après certaines études, les effets antalgiques du CBD et des opioïdes semblent s’additionner ou se potentialiser en cas de prise simultanée de ces deux types de substances. Un ajustement des dosages est donc de rigueur pour éviter une dépression importante du système nerveux central (encadré par des professionnels de santé).

Par ailleurs, il a bien été établi que le CBD représentait une réelle alternative dans la prise en charge de nombreux types de douleurs. Son utilisation peut donc permettre de diminuer la prise des antalgiques classiques qui, pour la plupart, entraînent une accoutumance (contrairement au CBD qui n’en entraîne pas) et divers effets indésirables.

Comment faire pour prendre du CBD en toute sécurité lorsqu’on est sous traitement ?

 Fleur de CBD Bio Orange Bud

D’abord, il faut préciser que la plupart des interactions médicamenteuses avec le CBD étaient observées pour des doses largement supérieures à celles utilisées usuellement.

Néanmoins, un certain nombre de précautions doivent être prises chez les personnes prenant un ou plusieurs médicaments avant de consommer des produits à base de CBD, même à petites doses.

Ainsi, votre médecin traitant pourra vous conseiller:

  • D’espacer la prise de CBD de celle des autres médicaments afin de ne pas perturber la cinétique de ces derniers.
  • D’ajuster les doses des différents traitements (augmentation ou diminution, selon l’effet du CBD sur l’efficacité du médicament).
  • De surveiller étroitement la glycémie en cas de traitement anti-hyperglycémique.
  • D’être attentif à tout changement suite à la consommation de CBD.
  • De consulter rapidement son médecin traitant ou autre professionnel de santé au moindre doute.

 

Références

[1] P. T. Kocis et K. E. Vrana, « Delta-9-Tetrahydrocannabinol and Cannabidiol Drug-Drug Interactions », MCA, vol. 3, no 1, p. 61‑73, 2020, doi: 10.1159/000507998.

[2] C. Coetzee, R.-A. Levendal, M. van de Venter, et C. L. Frost, « Anticoagulant effects of a Cannabis extract in an obese rat model », Phytomedicine, vol. 14, no 5, p. 333‑337, mai 2007, doi: 10.1016/j.phymed.2006.02.004.

[3]  « Cannabidiol may interact with rheumatologic drugs ». https://www.mdedge.com/rheumatology/article/207396/rheumatoid-arthritis/cannabidiol-may-interact-rheumatologic-drugs (consulté le 17 août 2022).

[4]  « Medical Marijuana », EpilepsyFoundation. https://www.epilepsy.com/treatment/alternative-therapies/medical-marijuana (consulté le 19 août 2022).


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